Pion & Click - Les genres de jeu d'un support à l'autre

 

Chaque genre de jeu (jeu de stratégie, d'action, de réflexion...) correspond à une expérience particulière : certains sont par exemple caractérisés par l'immersion, d'autres par le calcul tactique. Que devient un genre de jeu lorsqu'il est adapté d'un support à l'autre ?

 

Jeux de rôle

Les jeux de rôle sur table ont vu le jour avec Dungeons & Dragons en 1981 : on y incarne des aventuriers dans un univers imaginaire, menés par un maître du jeu qui conte une histoire interactive. Le jeu de rôle (role-playing game, RPG) devient à la suite d'adaptations un genre à part entière en jeu vidéo : contrairement au jeu de rôle sur table, il se joue seul, et consiste souvent à gérer la progression d'un personnage ou d'une équipe d'aventuriers dans un monde imaginaire (Final FantasyThe Elder Scrolls).

 

D&DDungeons & Dragons (David Arneson, Ernest Gary Gygax, 1974)


C'est en jouant à un wargame d'inspiration napoléonienne que les auteurs élaborèrent Dungeons & Dragons, premier jeu de rôle de l'histoire. Il a inspiré de nombreux jeux vidéo, ne serait-ce que par son univers médiéval fantastique issu du Seigneur des Anneaux (J.R.R Tolkien).

 

 

 

 

 

Baldur's GateBaldur's Gate (PC, Bioware, 1999)


Baldur's Gate est le portage le plus fidèle de Donjons et Dragons : le joueur crée un avatar, puis part à l'aventure dans laquelle une grande variété de possibilités lui sont laissés. Considéré comme un véritable jeu de rôle au scénario profond et travailléBaldur's Gate applique exactement les règles du jeu papier (notamment pour les combats) mais contrairement au jeu matériel, Baldur's Gate se joue seul, les prérogatives du maître du jeu (scénario, interactivité) étant assumées par l'ordinateur.


Jeux de figurines et jeux de stratégie

Issu de la pratique des wargames napoléoniens, le jeu de figurine consiste autant en des escarmouches stratégiques où l'on déplace son armée sur des décors fidèlement reproduits qu'en une patiente acquisition des pièces de jeux peintes à la main. L'influence de ce type de jeu peut se retrouver dans les jeux vidéo de stratégie en temps réel (Age of Empires) : l'accent est moins mis sur la matérialité des figurines que sur la réactivité du joueur lors des combats.

 

Blood BowlBlood Bowl (Jervis Johnson, Games Workshop, 1986)


Dans cette simulation de football américain, l'équipe que chaque joueur mène n'est pas composée de sportifs ordinaires, mais de violents guerriers sanguinaires.

 

 


Chaos LeagueChaos League (PC, Cyanide, 2004)


Ce portage de Blood Bowl propose une progression des joueurs avec un système d'expérience. Alors que le jeu de société laissait le temps aux joueurs de préparer leur tour de jeu, le jeu vidéo opte pour le temps réel : les décisions doivent être prises dans le feu de l'action (bien qu'il soit possible de mettre le jeu en "pause active").

 

Jeux de carte à collectionner

Tout comme le jeu de figurines, le jeu de carte à collectionner repose tout autant sur la stratégie lors des affrontements que sur l'entretien d'une collection de cartes personnelles. Il est alors surprenant de voir que ses adaptations vidéo-ludiques les plus récentes donnent un second souffle à l'un des genre de jeux les plus matériels : Urban RivalsYu-Gi-Oh !, ou Baten Kaitos, sont autant de jeux sur internet où l'on peut contempler sa collection de cartes virtuelles.

 

MagicMagic: The Gathering (1993)


Magic inaugure le jeu de carte à collectionner : l'essentiel du jeu consiste à construire son deck de cartes (sa pioche et sa main) pour affronter ensuite l'adversaire. La collection des cartes parmi les 17000 disponibles est alors un objectif en soi.

 

 


MagicMagic: The Gathering (Micropose, 1997)


Le premier portage de Magic n'est qu'une simple adaptation du jeu de cartes, mais ouvre la porte à un ensemble de jeux sur internet qui permettra à la fin des années 2000 de trouver facilement ses partenaires de jeu.

 

Jeu de tir à la première personne (First-Person Shooter)

Les FPS sont l'un des genre vidéo-ludiques les plus immersifs qui existent : le joueur incarne un avatar en vue subjective (on voit à travers les yeux du personnage, contrairement à la vue à la troisième personne où la caméra se situe derrière celui-ci), le fait progresser dans un univers hostile et mène des combats. Peu de jeux de société reprennent les mécanismes de ce genre fondé sur l'immersion et la dextérité.

 

DoomDoom (1993)


Fondateur du genre FPS, Doom propose des combats frénétiques face aux forces de l'enfer, dans l'un des premiers univers représentés en trois dimensions.

 

 

 


DoomDoom : The Board Game (2004)


L'un des deux joueurs remplace l'ordinateur en jouant les hordes d'envahisseur : le jeu d'action immersif laisse la place à un jeu de stratégie au tour par tour en vue à la troisième personne, faisant davantage appel aux choix stratégiques qu'à l'agilité des joueurs.

  

Jeux d'arcade

A l'origine de la popularité des jeux vidéo, les bornes d'arcade proposaient des jeux simples et efficaces. Les mécanismes de jeux reflètent parfois ceux des jeux de société : mouvements limités des personnages, représentation plane...

 

Pac-ManPac-Man (Toru Iwatani, Namco, 1979)


Dans la borne d'arcade la plus populaire, le but est de déplacer Pac-Man (personnage rond et jaune doté d’une bouche) dans un labyrinthe afin de lui faire manger des pac-gommes et des fruits, en évitant les fantômes à sa poursuite.

 

 

 

 

 


Pac-ManPac-Man (Milton Bradley, 1982)


La version plateau reprend à la lettre les mécanismes du jeu vidéo, découpant le tour d’un joueur entre les déplacements de Pac-Man et celui des fantômes. Il se joue cette fois-ci à plusieurs, chaque joueur incarnant son pac-man.